Chaque vendredi soir, le centre de tennis d’Urdorf s’anime. Ce jour-là, deux groupes de PluSport Amt und Limmattal s’entraînent sous la houlette bienveillante et experte de Marie-Anne. Des personnes porteuses de divers handicaps s’exercent sur un court, tandis que des personnes sans handicap jouent sur d’autres. L’offre trouve même un écho au-delà de la région: un participant et un moniteur viennent spécialement de Rümlang chaque vendredi.
Une offre qui crée des liens
Au centre de tennis d’Urdorf, l’inclusion n’est pas seulement une idée: c’est une réalité vécue. Les terrains de tennis sont mis gratuitement à la disposition de PluSport – un geste très apprécié qui sort de l’ordinaire. Le club va même encore plus loin: il organise aussi un tournoi caritatif pour financer du matériel adapté au groupe.
Loin d’être cantonnées aux courts, les rencontres inclusives se déroulent également à la buvette. Les sportives et sportifs de PluSport y bavardent avec les autres membres du club et s’installent aux mêmes tables. C’est aussi le cas d’Arsim. Porteur d’une déficience intellectuelle, cet homme sportif bénéficie des offres de PluSport depuis plus de dix ans. En plus du tennis, il participe au groupe multisport et se rend à presque toutes les fêtes de gymnastique. Il était ainsi présent à la Fête fédérale de gymnastique de Lausanne en 2025 et attend avec impatience la journée PluSport de cet été.
Arsim, un membre de la communauté comme les autres
Arsim est très poli et loquace. Le vendredi, avant de s’installer à une table, il demande aimablement aux personnes déjà assises s’il peut se joindre à elles et se présente en leur serrant la main. Le tennis, comme le vélo, est pour lui un loisir qui lui permet de se déconnecter de son quotidien professionnel. Il travaille dans une fondation du marché du travail secondaire, où il réalise divers emballages. Lorsqu’il ne pratique pas une activité sportive, il passe aussi volontiers son temps libre avec sa famille. Il raconte avec fierté et amusement comment il a gagné sa dernière partie de UNO contre son frère. Celui-ci, dont il est très proche, est entraîneur de football et l’emmène régulièrement à des matchs.
Avant de rejoindre le court, Arsim remarque la présence de son ancienne assistante dentaire. La saluant d’une poignée de main, il lui demande gentiment comment elle va avant de prendre congé d’elle pour aller jouer. En souriant, l’éducatrice nous explique comment elle aidait Arsim à se brosser les dents lorsqu’il était encore enfant. Elle se souvient qu’il était déjà très ouvert et accueillant. Il aimait recevoir des compliments et qu’on le flatte.
Chacune et chacun selon ses besoins
Le vendredi soir, seul le tennis compte pour lui. Après un échauffement en commun, Marie-Anne propose des exercices ciblés. Elle tient à ce que l’entraînement ne soit pas seulement un passe-temps ou une simple occasion de se dépenser. Elle veille à ce qu’ils améliorent leurs compétences tennistiques et a, pour cela, constitué deux groupes de niveaux différents. Les participantes et participants sont soit porteurs d’une déficience mentale ou sont hémiplégiques. Pendant l’entraînement, Marie-Anne s’adapte aux besoins spécifiques de chacune et de chacun. Les personnes hémiplégiques ne peuvent, par exemple, effectuer leur service qu’avec un seul bras. Elles tiennent donc la balle et la raquette dans la même main pour servir.
Arsim, l’as du tennis
Arsim n’a pas de difficultés physiques et se déplace sur le court avec vivacité et agilité. Pour lui, le défi réside dans la stratégie de jeu ou dans la mémorisation des sessions d’entraînement. Marie-Anne l’encourage habilement et lui donne des instructions spécifiques, ce qu’il apprécie beaucoup. Ce vendredi, l’entraînement se passe particulièrement bien. Arsim montre ce qu’il a dans le ventre et est heureux que ses exploits soient pris en photo. Il demande si les images sont bonnes et s’excuse lorsqu’il manque une balle. Des gouttes de sueur perlent sur son visage, son sourire est radieux.
L’entraînement se termine par un rituel: en cercle, les participantes et participants parlent de leurs performances et se tapent dans les mains avant de rentrer chez eux satisfaits. Arsim est, lui aussi, épuisé, mais heureux de s’être entraîné. Il prend congé avec une sincère poignées de main et complimente la monitrice pour l’entraînement.
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